A equipe de futebol que preferiu morrer a perder

Re: A equipe de futebol que preferiu morrer a perder

Mensagempor Scalabis » Terça-Feira 21 Outubro 2008, 19:12

XôZé Escreveu:Eu, o zézén, o Reboredo, o Scalabis e outros somos mais humildes. :)

Limitamo-nos ao cabulanço. :P



Olha eu ultimamente nem isso... limito-me a vir ler e apreciar o que alguns escrevem, diga-se de passagem que são autênticas enciclopédias vivas.
A julgar pelos ultimos relatos futebolisticos do Arp, sou levado a crer que tão entusiastas e fervorosos discursos sobre a pelota redonda, estavam escondidos numas quaisquer catacumbas.
Foi uma pena só agora teres descoberto o futebol Arp, tenho a certeza que darias um bom presidente*




*Presidente de um clube de futebol, não vás tu pensar que tens assim tanta sabedoria :mrgreen:
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Re: A equipe de futebol que preferiu morrer a perder

Mensagempor Viriato » Terça-Feira 21 Outubro 2008, 19:26

para quem compreende francês, aqui este o texto original

não diz em lado nenhum que o padeiro era alemão, não percebo onde é que os brazucas foram inventar essa !


Le Match de la Mort

23.12.06 Categorie: Reportage

Timothée Guillemin

Ami lecteur, Carton Rouge a le plaisir de publier le magnifique texte de Timothée Guillemin sur le «Match de la Mort». Cette histoire s’est passée à Kiev, en ex-URSS, durant la Deuxième Guerre mondiale.

Le Major Heinrich Walter est serein en ce paisible jour de Juin 1941, les Soviétiques se tiennent tranquilles et la lettre qu’il vient de recevoir ne laisse planer aucun doute : sa femme pense à lui ! Il reconnaît la fine écriture, légèrement penchée, comme enjouée, et se réjouit de l’ouvrir. Il se conforme cependant à la tradition, cette tradition qui le rassure et lui procure encore plus de joie : il lira cette lettre pendant sa pause de midi, au café, bien au chaud. La vie est faite de petits plaisirs, même à la guerre. Peut-être encore plus que d’habitude, même. Il y pensera toute la matinée, à cette lettre, il la serrera contre son cœur, il en imaginera les expressions, les mots d’amour la saupoudrant. Elle lui parlera du chien qui va faire des trous dans le jardin du voisin, de la petite qui pleure quand elle perd ses jouets, du garage qu’il faudra repeindre après la guerre. Les aléas de l’existence qui vous font oublier pour un instant le bruit des canons. Le Major Heinrich Walter attend avec impatience l’heure du café et ferme doucement les yeux comme s’il essayait déjà d’en sentir l’odeur.

«Walter, vous dormez ou quoi ? C’est pas le moment, on vient de recevoir ça ! Et effacez-moi ce sourire à la con, Major, et corrigez-moi cette tenue de merde !»

Le Major Walter ne se formalise pas de ce discours familier, il est membre d’Etat-Major et y est habitué. Il se saisit de la lettre amenée par le Colonel Friedrich, Commandant de la 4ème Brigade d’Artillerie et il n’a pas besoin de lire au-delà du deuxième paragraphe. Il a compris. C’est pour demain.

Nikolaï Trusevich lance ses chaussures contre le mur du vestiaire et peste contre l’arbitre ! «Encore une victoire grâce à un penalty imaginaire pour «Musor»…Ca commence à bien faire ! On est meilleurs qu’eux, on domine tout le match, mais ces damnés Moscovites ont le pouvoir avec eux ! J’en ai marre…» Ses coéquipiers essaient tant bien que mal de le calmer, mais au fond d’eux-mêmes, ils savent bien qu’il a raison. Le Dinamo Moscou est le club du gouvernement et il ne fait aucun doute qu’il a profité une fois de plus des largesses du trio arbitral. Le problème est que Trusevich a un sale caractère et qu’il a déjà reçu des avertissements officiels. Et même si les Ukrainiens ne portent pas Staline dans leur cœur, il vaut mieux le taire, même pour un gardien de but exubérant comme le leur. Toujours est-il qu’avec cette victoire à Kiev, le Dinamo Moscou fait un pas prépondérant vers le titre de Champion d’URSS et que cela rend Trusevich fou. Il ne reste même pas après le match pour partager une bière avec ses coéquipiers, il rentre directement chez lui retrouver Natalya et le petit Sacha, oublier les injustices de son sport favori. Nikolaï Trusevich est un citoyen extrêmement patriote et il ne comprend pas que le pays qu’il aime, cette Union Soviétique qu’il aime tellement, puisse ainsi le tromper. Le doux regard de Natalya et Sacha qui lui saute dans les bras lui feront cependant vite oublier sa désillusion et la soirée se passe tranquillement. Une fois Sacha couché, le jeune couple sort sur le balcon de leur appartement du centre-ville. La nuit tombe sur Kiev et Nikolaï embrasse tendrement Natalya en lui faisant remarquer combien leur ville est belle et paisible en ce mois de Juin. Le fait est qu’il fait bon vivre à Kiev en 1941 et c’est complètement apaisé que Nikolaï et Natalya s’offrent un moment de tendre complicité. Kiev est belle, ils s’aiment et la guerre qui fait rage en Europe de l’Ouest ne les concerne pas.

Le Major Heinrich Walter reprend son souffle, s’essuie le front et marche enfin devant sa division. Il regarde ses officiers, il voit en eux le doute. Ils savent pourquoi ils sont réunis ici, avec leurs soldats derrière eux. La nouvelle a fait le tour de la division, et si certains jouent aux durs, tous sont angoissés. Ce jour devait arriver, mais tous espéraient secrètement que le Führer tiendrait à son pacte de non-agression avec Staline. Voici la missive lue en ce 22 Juin 1941 par le Major Walter :

«Soldats du front de l'Est !
Écrasé par de lourds soucis, je me suis tu pendant des mois.
Voici l'heure venue : mes soldats, je peux enfin vous parler à coeur ouvert :
Environ 160 divisions russes sont massées à notre frontière. Voici des semaines que des violations continuelles de cette frontière se répètent, non seulement chez nous, mais aussi dans l'extrême-nord de la Roumanie.
Voici le moment, soldats du front de l'Est, où nous allons accomplir une entreprise qui, par son extension territoriale et par les forces qu'elle met en jeu, est la plus grande que le monde ait jamais connue. Au nord, sur les bords de l'océan Arctique, nos camarades commandés par le vainqueur de Narvik, agissent en liaison avec les divisions finlandaises.
Quant à vous, vous constituez le front de l'Est. Enfin, en Roumanie, sur les rives du Pruth, du Danube aux rivages de la mer Noire, soldats allemands et roumains sont réunis sous le commandement du chef d'état Antonesco. Si cet ensemble d'armées, le plus grand de l'histoire du monde, passe maintenant à l'attaque, ce n'est pas seulement pour créer les conditions indispensables à la conclusion définitive de cette grande guerre ni pour protéger les pays momentanément affectés, mais pour sauver toute la culture et toute la civilisation européennes.
Soldats allemands ! Vous allez donc affronter un combat pénible et lourd de responsabilités. Songez-y : le sort de l'Europe, l'avenir du Reich allemand, l'existence de notre peuple sont désormais entre vos mains.
Puisse dans ces combats le seigneur Dieu nous assister tous !»
Adolf Hitler

Pas un bruit n’émerge des rangs. Tous semblent résignés et savent ce que ces mots signifient. L’opération Barbarossa a débuté, la Wehrmacht va envahir l’Union Soviétique ! Le Major Walter replie la lettre du Führer, salue ses officiers et les laisse disposer de leurs compagnies. Le moment est beau. Beau et tragique. En lisant ces lignes, il vient d’envoyer ces hommes à la mort. Il remonte dans son bureau, s’allume une cigarette. Sa main tremble. Il sait que le monde vient d’entrer dans l’horreur.

«C’est quoi ce bordel ? Pourquoi la ligne de distribution s’est-elle arrêtée ?» Nikolaï Trusevich en a assez, il est de mauvaise humeur en ce lundi matin. Il pleut sur Kiev et il avait oublié avoir parié 50 roubles avec son ami Ivan qu’il ne prendrait pas de but contre Moscou. Putain d’arbitre ! Déjà que ce n’est pas facile d’aller travailler après une défaite…Il a entendu que certains joueurs étaient professionnels en Europe de l’Ouest et trouve cela vraiment ridicule. Bien sûr que vivre du football lui plairait, mais enfin, il n’apporterait rien à la société ! Chaque homme a sa place et l’Etat fonctionne ! Quand même, être footballeur professionnel…Allons bon, il y a d’autres soucis pour l’instant. Et ce tapis qui ne se remet pas en marche ! Ce n’est pas fréquent, pourtant, il doit y avoir un problème. Nikolaï délaisse sa place de travail, on ne lui en voudra pas, et va s’enquérir de ce qu’il se passe. Ah, le journal est arrivé, il est placardé au mur comme d’habitude. Nikolaï n’a même pas envie d’aller lire, il sait bien qu’il y trouvera un article sur le match et est déjà suffisamment irrité. Il grogne quand même contre le camarade Sergei, coupable de faire baisser la productivité en allant lire le journal au lieu de faire fonctionner sa chaîne. Nikolaï est un citoyen patriote. Il est d’autant plus choqué d’apprendre que les Nazis viennent de violer le territoire de l’Union Sovétique.

Mécaniquement, le Major Walter regarde son vaste tableau des opérations. Trois mois déjà que l’armée allemande est entrée en Union Soviétique. Le froid commence à se faire sentir et la lassitude augmente. La logistique suit, les troupes allemandes sont bien nourries dans l’ensemble et les officiers de son rang n’ont pas à se plaindre. Il a enfin pu lire la lettre de sa femme et y répondre, mais les horreurs qu’il a vues depuis trois mois l’empêchent de sourire. Les petits drapeaux accrochés au mur ont beau seulement symboliser la prise de Borisov, Minsk ou Brest-Litovsk, le Major sait bien que derrière chaque symbole sont cachés les cadavres fumants de milliers de citoyens soviétiques dont le seul tort aura été de défendre leur pays. Certes, la mission se déroule bien et l’armée allemande marche sur Moscou et s’enfonce jour après jour plus profondément dans les entrailles du territoire de Staline, lui vrillant les organes vitaux, lui cassant les reins. L’Ours Soviétique souffre et l’Aigle Allemand survole les débats. Pourtant, l’officier allemand sent bien que quelque chose cloche dans cette histoire. Jusqu’ici tout va bien pourtant et la fin de sa mission s’annonce aisée : prendre Kiev, et y rester jusqu’à la fin de la guerre en soutenant éventuellement les troupes parties sur Moscou, Stalingrad et Leningrad. En gros, simplement faire capituler Kiev et tenir la ville. La mission est aisée, les troupes soviétiques s’étant déjà repliées 15 kilomètres avant Kiev au prix de lourdes pertes, ne laissant que des ouvriers, des femmes, des vieillards et des enfants dans la cité. Heinrich Walter espère juste qu’aucun citoyen ne fera la bêtise de résister et que le sang ne coulera pas.
Le 19 Septembre 1941, les troupes allemandes s’emparent de Kiev et la population, consternée, les regarde entrer, impuissants devant l’horreur. Le 29 Septembre, la majorité de la population juive ukrainienne est emmenée au camp de Babi Yar, à 70 kilomètres de Kiev, et exécutée en silence. 33'771 Juifs périront en ce jour noir. L’horreur absolue. Le Major Walter s’allume une cigarette. Sa main tremble encore une fois. Elle ne s’arrêtera plus.

«Ne reste pas là, Sacha. Et surtout, ne t’approche jamais de ces gens ! Tu as compris ? Jamais ! Allez, file, et sois sage surtout.» Natalya et Nikolaï ne laissent rien transparaître de leur inquiétude en voyant les chars allemands entrer dans la ville qu'ils aiment tant. Nikolaï ne comprend pas. Ainsi, Staline les a-t-il abandonné ? Il ne veut pas y croire... Les discussions vont bon train à l’usine. Les plus fidèles sont convaincus que Staline a fait se replier l’Armée Rouge aux frontières de l’Oural, histoire de mieux concentrer les forces et d’amener les Allemands en territoire défavorable. Les plus hostiles au gouvernement pensent surtout que Staline est un faible qui les a laissé tomber. Nikolaï ne sait qui croire, il ne veut pas croire que Staline les a oublié, mais force est de constater que personne n’a défendu Kiev... Ou si peu. L’Armée Rouge, cette Armée Rouge que l’on chante tellement, est-elle vraiment défaite ? Il ne peut y croire.

La vie continue pourtant à Kiev et la fabrique de pain doit continuer à tourner. Le championnat de football s’est bien sûr arrêté mais Nikolaï est chanceux dans son malheur : les sportifs d’élite ne sont pas astreints à la guerre. Il voudrait pourtant se battre, mais que faire ? Il n’a pas d’arme et n’importe quelle action serait suicidaire. Mieux vaut continuer à survivre, et la survie passe par la collaboration avec l’occupant, en attendant le retour de l’Armée Rouge. Attendre... Survivre et attendre.

«Mon Major, puis-je vous parler ?»
«Qui êtes-vous, Sergent, que me voulez-vous ?»
«Sergent Röhmer, Section Ehringer, 3ème compagnie d’infanterie, Mon Major. Je me permets de vous déranger car...»
«Oui ?»
«Mon Major, je ne suis qu’un Sergent, mais la troupe se plaint, il n’y a bientôt plus rien à manger, la logistique ne suit pas...»
«Je sais, oui ! Sergent, venez-en aux faits ou sortez !»
«Mon Major, pardonnez-moi, mais il y a plus grave : nous sommes des soldats, nous sommes habitués, mais la population, elle... Ces gens n’ont rien à manger, ils sont fatigués, sont sans espoir. La rébellion commence, mon Major, deux soldats se sont fait agresser aujourd’hui, pour un morceau de pain. Les deux coupables, deux jeunes Ukrainiens, furent bien sûr immédiatement fusillés, mais on ne peut pas fusiller tout le monde, mon Major...»
«Nous fusillerons la population entière s’il le faut. Nous sommes en guerre, et notre mission est de tenir la ville, Sergent ! C’est tout ?»
«Oui, mon Major, c’est tout.»
«Sortez, Sergent, merci.»
«Ah, encore une chose... Un monsieur ici aimerait vous voir, un certain Iossif Kordik, un industriel de la ville, propriétaire d’une fabrique de pain. Je le fais entrer ?»
«Oui, et refermez la porte, Sergent Röhmer»

Nikolaï et Natalya prient. Ils ne connaissent pas spécialement Dieu, mais ils croient que quelqu’un entendra leur prière. Ils prient pour le petit Sacha, au milieu d’eux. Ils veulent croire que cet enfant a un avenir, un avenir qui ne soit pas allemand. Les Allemands ne sont pas un occupant si terrible, mais la vie n’est pas facile. L’hiver est rude et les réserves de nourriture s’amenuisent. Il sera délicat de passer l’hiver et l’atmosphère en ville devient tendue. Tous ses coéquipiers du Dynamo Kiev travaillent dans la fabrique de pain de Iossif Kordik et ils sont bientôt les derniers hommes vigoureux en ville. Ils aimeraient tous entreprendre quelque chose, mais le risque est trop grand. Une rébellion, c’est un suicide assuré. Nikolaï et Natalya prient. Ils prient pour que l’espoir renaisse dans cette ville de Kiev qu’ils aiment tant. Ils savent les deux que l’espoir est en train de mourir. Aucun enfant ne naît à Kiev et la population se meurt lentement. Il y a six mois, Nikolaï voyait de l’orgueil et de la fierté dans le regard de ses concitoyens. Il n’y voit plus que de l’indifférence et de la résignation. Ils prient, et ils pleurent.

Heinrich Walter respire profondément, comme il aime à le faire avant de prendre une décision lourde de conséquences. Eh bien soit ! Cet homme d’affaires, ce Iossif Kordik, a sans doute raison : la meilleure manière de calmer la population, c’est encore «Panem et Circenses». L’armée allemande n’a pas de pain à offrir, elle offrira des jeux à la population kiévienne. Ils veulent des jeux, ils en auront. Laissons passer l’hiver, comptons les survivants et organisons un championnat de football. Une équipe allemande d’élite, quelques équipes hongroises et roumaines, les alliés de l'axe, une équipe de Kiev, des matches aller-retour et le tour sera joué ! Il suffit de quelques courriers et l’affaire sera réglée. La population se calmera et la situation rentrera dans l’ordre, ce qui plaît au méticuleux Major. Début du championnat : Mars 1942 !

La nouvelle est accueillie par des cris de joie dans l’usine de Iossif Kordik ! Ainsi, le Dynamo Kiev pourra rejouer ! Comment ça, pas sous le même nom ? Comment s’appeler alors ? Vous dites ? FC Start ? Ah tiens, oui, un nouveau départ, très bien. Et les maillots ? Vous vous occupez de tout, M. Kordik ? Et on pourra voyager, aller jouer en Roumanie, en Bulgarie ? L’excitation est à son comble, et même le ventre vide, les Ukrainiens croient à leur chance. Il faut recommencer à s’entraîner, il faut avertir tout le monde !

Les premiers matches s’avèrent du menu fretin pour le FC Start. Les Hongrois sont balayés à Budapest, les Roumains viennent perdre à Kiev et la petite partie de la population qui voyait encore les footballeurs comme des traîtres collaborant avec l’ennemi change bien vite d’avis en voyant l’enthousiasme que génère le FC Start. L’engouement est énorme, les gens félicitent leurs nouveaux héros et les accusations de traîtrise sont bien vite oubliées. Les ventres sont vides, mais les coeurs sont au chaud et cela compte aussi. Le vent de l’espoir souffle à nouveau sur Kiev et Nikolaï Trusevich le sent bien. Lui qui cherchait un moyen de se battre, il l’a trouvé ! En gardant sa cage inviolée, il fait renaître l’Espérance dans le regard de ses concitoyens. Pouvoir à nouveau imaginer l’avenir est la plus belle des récompenses pour Trusevich et sentir à nouveau la fierté dans le regard de ses concitoyens est son orgueil.

Le Major Walter est content de son idée, mais il a peur d’avoir crée un Monstre Incontrôlable. Certes, la population est enthousiaste, mais peut-être la folie va-t-elle un peu loin. Il est temps de mater ces Ukrainiens : ses troupes d’élite s’en chargeront. Le Flakelf est l’unité d’élite de la Luftwaffe, des sportifs sur-entraînés, tous footballeurs avant la guerre. Ils auront vite fait de mater les Ukrainiens et de les faire redescendre sur terre. Le 6 Août sera le jour de leur défaite. Ce jour-là, le Flakelf viendra au stade Zenit et là, fini de rire.

Le 6 Août donc, le stade Zenit est comble, les Ukrainiens font la fête à leur équipe, ils applaudissent à tout rompre les Makar Goncharenko, Alexeï Klimenko et bien sûr leur Nikolaï Trusevich, si fantasque, si grande gueule. Ils l’aiment tellement, leur gardien... Les joueurs du FC Start ont l’air fatigués, ils sont sous-alimentés. Rien ne laisse transparaître leur statut de footballeur d’élite et la foule ne peut se retenir un cri à mi-chemin entre l’admiration et la crainte en voyant déferler sur le terrain les superbes athlètes de la Luftwaffe. Bien nourris, entraînés, en pleine forme... Le FC Start n’a aucune chance. Et pourtant.

Et pourtant, après avoir subi la loi des Allemands dans le premier quart d’heure, encaissant le premier but, les Ukrainiens se reprennent et suite à une formidable démonstration collective, l’emportent 5-1 ! La foule est en délire mais l’atmosphère reste bon enfant. Le match sera interrompu dix minutes avant la fin et les joueurs du FC Start sont portés en triomphe par le public. Tout le monde reste très calme pourtant, la crainte de représailles est trop forte. Même l’exubérant Trusevich reste étonnamment calme, comme s’il se doutait de quelque chose.

Quel affront pour les Allemands et le Major Walter ! Certes, il a réussi à faire régner l’ordre par la crainte, mais enfin, les Ukrainiens rient sous cape, il le sait, il le sent. Il faut rétablir cette situation. La solution trouvée est simple : une revanche sera organisée dans trois jours. Et les Allemands gagneront. Coûte que coûte.

Des affiches sont donc placardées dans tout Kiev et les Ukrainiens, si discrets, ne peuvent s’empêcher de crier au scandale. Ils ont gagné ce match et n’ont pas l’intention de s’en laisser conter. Quelques menaces ramèneront le calme et c’est sous un joli soleil que le stade Zenit ouvre ses portes au Match de la Mort en ce 9 Août 1942. Le FC Start entre en premier sur la pelouse, sous les acclamations des 45'000 spectateurs. La foule est déchaînée, avant même le début du match, et s’en prend déjà très bruyamment au secteur d’officiels allemands qui regardent le match depuis le bas des tribunes face au rond central, entre les deux bancs de touche. Les invectives vont bon train et le Major Walter ne se sent pas à l’aise. Il assiste à un match de football pour la première fois de sa vie et sent bien que la foule est hostile. Il espère néanmoins que tout se déroulera comme prévu, il le faut, il en va de la réussite de sa mission. Kiev doit rester soumise, c'est indispensable. Heinrich Walter sait ce qu’il s’est passé dans les vestiaires il y a un petit quart d’heure maintenant. Ce qu’il s’est passé ? Rien de très grave : l’arbitre, un officier allemand, est entré dans les vestiaires et a informé le FC Start que chaque joueur devrait effectuer le salut nazi au moment de la présentation des équipes. Trusevich, en bon capitaine, a écouté, et n’a rien dit. Il a juste attendu que l’arbitre sorte, a réuni ses coéquipiers et leur a expliqué que faire ce geste équivalait à capituler. La peur a commencé à monter dans le vestiaire, mais Nikolaï Trusevich est resté très calme et a juste montré la voie à suivre à ses coéquipiers.

Arrive donc le moment de la présentation des équipes. Les onze membres du Flakelf tendent donc le bras droit et font retentir le sinistre «Heil Hitler». Les regards se tournent vers le FC Start. Les onze joueurs se tournent vers la tribune nazie, tendent le bras droit bien en avant. Walter sourit, content de lui. La foule gronde, déçue. Ainsi, ses footballeurs ont-ils capitulé ? Sont-ils devenus des nazis ? Le dernier bastion de résistance est-il tombé ? C’est le moment que choisissent les onze joueurs pour rabattre leur bras contre leur poitrine et taper leur cœur avec leur poing en hurlant «FizkultHura !», jeu de mots très subtil qui signifie dans ce contexte «Vive le Sport !» . Le sourire arrogant de Walter disparaît aussi vite que monte la clameur de la fierté dans la foule, soulagée. Non, Messieurs les nazis, les Ukrainiens ne sont pas des lâches.

Le match débute aussi mal qu’avait débuté le dernier pour les Soviétiques, qui encaissent le 1-0 sur un tir en force d’un des quatre nouveaux joueurs allemands, amenés directement de Berlin par avion deux jours avant sur ordre du Führer lui-même ! L’excitation retombe un peu dans le stade, mais l’indignation reviendra bien vite après une dizaine de minutes lorsqu’un tacle assassin d’un défenseur allemand brise net la jambe de Makar Goncharenko, virevoltant ailier gauche du FC Start. Le joueur allemand s’en tire sans sanction et comme le FC Start n’avait aucun remplaçant, les voilà à 10 contre 11. Ils se battent avec courage, mais sont dominés par les Allemands, le match semble plié lorsque, à cinq minutes de la mi-temps, Nikolaï Korotkikh s’échappe sur la gauche et frappe puissamment de 30 mètres dans le petit filet du gardien allemand ! L’incroyable vient de se produire, les Allemands sont sonnés et la foule hurle son plaisir. Les Allemands engagent, et, comme troublés, perdent immédiatement le ballon sur Vladimir Balakin qui alerte Ivan Kuzmenko d’une longue balle. Celui-ci contrôle, élimine le dernier défenseur germanique et place le ballon sous le ventre du dernier rempart pour inscrire le 2-1 juste avant la mi-temps. Walter se lève et fait signe à l’arbitre de siffler la mi-temps dans un brouhaha indescriptible.

Les deux équipes regagnent donc les vestiaires pour ce qui restera dans l’Histoire comme l’une des plus incroyables mi-temps. Les joueurs du FC Start ne se disent rien. Ils sont trop fatigués, mais ils sont fiers et ils peuvent voir dans le regard de chacun toute la détermination qui émane de leur être. Balakin dira plus tard : «Dans chaque joueur existait une tempête intérieure dont les vagues jaillissaient du regard». Ils récupèrent simplement, entre eux, lorsque soudain claque la porte du vestiaire. Le Major Walter, l’arbitre et deux officiers armés de mitraillette pénètrent dans le vestiaire, violant ce lieu sacré. «Messieurs, félicitations pour votre performance, je vous admire beaucoup. Vraiment. Vous représentez dignement le sport soviétique. J’ai cependant une mauvaise nouvelle pour vous : ce match, vous allez le perdre.»
«Non, nous gagnons pour l’instant.»
«Trusevich, je savais que vous alliez ouvrir votre gueule. Alors faites-moi plaisir, fermez-la et écoutez-moi. Ou vous perdez dignement et tout se passe bien ou… Messieurs, vous êtes morts. Tous. A vous de voir.»

La porte claque et se referme sur les dernières illusions de la beauté du sport. Personne ne saura jamais ce qu’il s’est dit dans ce vestiaire après la sortie des dignitaires nazis. Cela regarde ces hommes et leur mémoire.

Le match recommence dans un bruit indescriptible et il ne faut que trois minutes aux Allemands pour égaliser et cinq pour reprendre l’avantage. Le Flakelf mène 3-2 et Walter sourit. Il a déjà suffisamment de sang sur les mains et il s’aperçoit que ces Ukrainiens ne sont pas difficiles à dompter. Ils font les fiers, mais parlez-leur avec une mitraillette et il ne reste que des enfants apeurés par la mort. La foule perd un peu de sa vigueur, mais continue à y croire, malgré l’apathie de ses joueurs. Et, comme en première mi-temps, le FC Start se rebiffe sous l’impulsion d’Alexeï Klimenko, 18 ans. Après une superbe action collective, le jeune homme peut égaliser sous les yeux médusés de la tribune allemande. Klimenko n’en restera pas là, il continue à mener le jeu avec l’insouciance de ses 18 ans et offre le but du 4-3 à Kuzmenko avant de profiter d’un service de Vassili Sukharev pour aller inscrire le 5-3 ! Le stade est en fusion, totalement incontrôlable et les soldats allemands commencent déjà à tirer dans la foule et à lâcher les chiens. Les cadavres tombent des tribunes, mais Klimenko continue son festival. Après avoir piqué une balle à mi-terrain, il dribble toute l’arrière-garde allemande, contourne le gardien, s’en va au but, mais arrête le ballon exactement sur la ligne et le laisse, immobile. Tout le monde le regarde, halluciné. Klimenko remonte le terrain, lentement, et se dirige vers la tribune nazie où il tend le bras droit et le rabat contre son cœur en hurlant «FizkultHura !». C’en est trop pour le Major Heinrich Walter, qui, humilié, fait arrêter le match et évacuer les spectateurs. Il ne reste bientôt plus que les joueurs et les soldats allemands, au milieu des cadavres fumants. Walter a un petit rire triste, il fait monter toute l’équipe dans une camionnette et celle-ci se dirige vers Babi Yar. Le Major Walter regarde sa main. Elle tremble. Un peu plus que d’habitude, lui semble-t-il.

Nikolaï regarde ses coéquipiers un à un. Il voit dans leurs yeux qu’ils pensent à leur femme, à leurs enfants. Ils n’ont même pas pu leur dire au revoir. Il voit aussi dans leurs yeux qu’ils sont fiers. Ils ont rendu l’espoir à la ville de Kiev, et chacun d’eux, à cet instant, est convaincu que ce sacrifice vaut la peine. Trusevich regarde Klimenko. Il pleure, il se sent responsable. Ses coéquipiers le rassurent. Il est un héros. Il meurt en héros, exécuté en premier par les nazis, d’une balle dans la nuque. Ivan Kuzmenko le suivra dans l’au-delà, puis Nikolaï Korotkikh. Nikolaï Trusevich les regarde s’en aller. Il sait que son tour viendra, il est prêt. Un coup de crosse dans la nuque le fait se mettre à genoux, il se relève, félin : «Krasnii Sport ne umriot» seront ses dernières paroles. Non, Nikolaï, le Sport Rouge ne mourra jamais. Pas tant que vivra ton souvenir.

Kiev sera libérée par l’Armée Rouge le 6 Novembre 1943. L’Espérance sert à attendre, mais même l’Attente la plus dévastatrice a une fin. L’Attente de la ville de Kiev est une histoire de héros qui ont combattu les nazis à leur façon en rendant l'espoir à une population qui n'en avait plus. L’histoire ne dit par contre pas si la main du Major Heinrich Walter tremble encore aujourd’hui. Personnellement, je pense que oui.
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Re: A equipe de futebol que preferiu morrer a perder

Mensagempor Max » Terça-Feira 21 Outubro 2008, 21:43

Oh Viriato, eu prometo que quando tiver um bocadinho venho aqui ler esse teu post! Ok?

Fica combinado!

:lol:
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Re: A equipe de futebol que preferiu morrer a perder

Mensagempor Scalabis » Terça-Feira 21 Outubro 2008, 21:58

Ó Max, depois conta-me :risada:
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Re: A equipe de futebol que preferiu morrer a perder

Mensagempor Arp » Quarta-Feira 22 Outubro 2008, 01:06

Viriato Escreveu:para quem compreende francês, aqui este o texto original


Original? :shock:

Só se for a versão OIF. :risada:

A "reportagem" do jornalista Timothée Guillemin, do fim de 2006, é, como a maior parte dos textos recentes sobre o assunto agora revivido (fora da Ucrânia, onde nunca foi esquecido), baseado neste livro do escocês Andy Dougan lançado em 2000...

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Para escrever este livro, Dougan fez pesquisas durante três anos, principalmente na Ucrânia, Rússia e Alemanha.

...Guillemin terá, quando muito, pesquisado o livro.
:?
O saber, o aprender o novo, só não encontra espaço em cabeças que já estão cheias, principalmente de ideias preconcebidas.
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Re: A equipe de futebol que preferiu morrer a perder

Mensagempor Arp » Quarta-Feira 22 Outubro 2008, 01:25

Scalabis Escreveu:A julgar pelos ultimos relatos futebolisticos do Arp, sou levado a crer que tão entusiastas e fervorosos discursos sobre a pelota redonda, estavam escondidos numas quaisquer catacumbas.
Foi uma pena só agora teres descoberto o futebol Arp, tenho a certeza que darias um bom presidente*




*Presidente de um clube de futebol, não vás tu pensar que tens assim tanta sabedoria :mrgreen:

Gostaste? :grin:
Tu é que só agora me descobriste para o futebol, de que sempre gostei, embora não alinhe em febres clubistas, pelo que dificilmente daria um bom dirigente.
De qualquer modo, obrigado pelos encómios, Sca.

Só não entendi para que presidência precisaria eu de ser mais inteligente. :?
Não me digas que era para ocupar um lugar que me permitisse dissertar, ao vivo e a cores, sobre vaquinhas que nem precisam de ser empurradas para ir entregar as tetas á maquina de extracção de leite.
:whistle:
O saber, o aprender o novo, só não encontra espaço em cabeças que já estão cheias, principalmente de ideias preconcebidas.
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Re: A equipe de futebol que preferiu morrer a perder

Mensagempor Scalabis » Quarta-Feira 22 Outubro 2008, 09:02

Arp Escreveu:Não me digas que era para ocupar um lugar que me permitisse dissertar, ao vivo e a cores, sobre vaquinhas que nem precisam de ser empurradas para ir entregar as tetas á maquina de extracção de leite.[/color] :whistle:


Esse, embora nascido lá pelo Algarve profundo :grin: já está há muito tempo em Lisboa já é dos que acredita que os ovos são fabricados por uma máquina que junta a clara e a gema :idea: logo, não me custa que tenha ficado tão incrédulo com tamanha faceta das vaquinhas.

Já agora Arp, e tu sabes como é que as vacas leiteiras são emprenhadas?
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Re: A equipe de futebol que preferiu morrer a perder

Mensagempor Arp » Quarta-Feira 22 Outubro 2008, 09:51

Parece que com braço comprido e luva de borracha.
O saber, o aprender o novo, só não encontra espaço em cabeças que já estão cheias, principalmente de ideias preconcebidas.
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Re: A equipe de futebol que preferiu morrer a perder

Mensagempor Arp » Quarta-Feira 22 Outubro 2008, 18:40

Scalabis Escreveu:...já é dos que acredita que os ovos são fabricados por uma máquina que junta a clara e a gema...

'Tão e não são? :shock:
Por acaso, e já que falas nisso, ainda gostava de saber como é que os gajos conseguem depois meter tudo dentro da casca, sem costura visível nem nada.
:?
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Re: A equipe de futebol que preferiu morrer a perder

Mensagempor Arp » Quarta-Feira 22 Outubro 2008, 19:59

XôZé Escreveu:Mesmo assim :mrgreen: vou averiguar melhor esse "filme" e se tiveres razão aqui virei penitenciar-me. :mrgreen:

Então? Já averiguaste? :whistle:
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